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Les mises en bouteilles 2011 sont terminées
Voilà sans doute le moment le plus difficile de la vie du vigneron pour les nerfs: la mise sous verre. On ne se rend pas complètement compte du stress qui accompagne cette opération minutieuse qui doit être conduite avec la plus grande précision et qui conditionne la forme future des vins et sans aucun doute aussi pour une large part leur évolution. Voici quelques étapes essentielles listées pour que vous compreniez nos angoisses:
- En premier lieu, définir au bouchon près combien de bouteilles seront produites pour opérer les commandes à nos fournisseurs. Cela implique de compter les pièces de vins et d'anticiper sur les pertes liées aux soutirages, aux possibles collages et/ou filtration. A près de 1 euros le bouchon TTC on comprendra que ceux-ci marqués pour chaque cuvée du cru et du millésime, ne doivent pas être gaspillées. Il faut de plus anticiper sur d'éventuelles pertes au moment de l'embouteillage car un groupe même bien réglé peut connaître des ratés momentanés.
- Ensuite il faut définir les dosages de sulfite par rapport aux doses de SO2 totaux constatées juste après le soutirage. Ces doses seront associées au taux d'oxygène dissous et au CO2 analysés de manière a être parfaitement calées le jour J.
- L'opération de collage et/ou filtration est également prépondérante en fonction de la turbidité des vins blancs (en général en dessous de 1 donc limpide et brillants avec des reflets or-verts). A chaque cuvée, le meilleur choix pour éviter toute perception de gaz carbonique et de soufre en apportant les doses dont le vin a besoin pour "voyager".
- Un vin qui devra être "ouvert mais pas trop" sans aucune trace liée à un élevage intrusif ou imprécis. Nous fuyons la réduction, l'oxydation et les excès de bois ou de lies lourdes. En sommes il faut affiner le vins sans le dépouiller tout en lui préservant son grain de texture.
Le moment de la mise se fait alors avec une certaine angoisse au début, tant que l'on n'a pas pris une bouteille bouchée pour l'ouvrir et la déguster sereinement comme on le ferait avec un client lambda arrivant dans nos caves, et tant que celui-ci ne nous a pas complètement séduit... comme si l'on retrouvait son ami après une longue absence! Dès lors nous goûtons peu pendant cette période car il est plus sage de laisser un laps de temps de quelques semaines s'écouler pour mieux "savoir" si nos espoirs étaient fondés.
J'ai pu donc, pour la première fois, faire cette revue il y a une semaine avec mon ami Pierre Séguin et son fils Gabriel. Tous deux québecois et solides dégustateurs. Un moment d'une rare intensité pour moi, tant on attend les réactions de ceux qui sont supposés évaluer vos crus avec acuité et professionalisme. La seconde intégrale 2011 se fera avec Allen Meadows de Burghound.com dans une dizaine de jours et bien entendu le palpitant battra au même rythme, de celui qui mêle l'envie de montrer son labeur en même temps que d'écouter une critique argumentée qui fait avancer les choses.Nul doute que ce moment permettra de préciser encore les sensations.
Sans livrer de jugements sur les cuvées je crois tout de même en général - et pas seulement chez Buisson-Charles - qu'elles sont caractérisées par un côté fin et très aérien qui ravira les amateurs de blancs ciselés qui avant tout font vibrer le palais du côté de l'élégance. Un millésime de dentelle et de soie qui ressemble de plus en plus à 1979. Des vins qui combinent un niveau d'alcool modéré (jamais plus de 13,2 degrés) et stable, une fine acidité qui fait saliver et tend les finales de bouche tout en ayant une matière compacte qui leur permettra de bien vieillir. Des vins accessibles jeunes et gourmands et comme il y en a en quantité raisonnable car la récolte fut belle, ils seront sans doute un bonheur à vendre et à faire déguster. De beaux moments de cave se préparent mes amis et ça c'est notre vrai plaisir avec vous...
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"Ordo ab chao"
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