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Carnets de dégustations : Bienvenue

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Carnets de dégustations : Les nouvelles

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Carnets de dégustations : Toutes les nouvelles : Finages, Climats et Crus nouvelles

  Posté par patrickessa - 17/05/2013 - 11:28 - 0 commentaires - Edit

Climat Premier Cru: Champans à Volnay

J'ai toujours eu un faible pour ce cru qui allie puissance de texture à finesse aromatique et qui surtout est capable d'une longévité hors du commun. Sans doute est-il même le cru de la Côte de Beaune ayant le plus grand potentiel de garde avec les Rugiens de Pommard, les Renardes de Corton et le Santenots du Milieu de Meursault. J'ai eu l'occasion de déguster des millésimes plus que centenaires et d'ainsi pouvoir juger de la qualité des incroyables 1929, 1934, 1947 ou en 1959 et, 1962 et 1964 et depuis ces dates il m'a été possible de déguster ce cru chez plusieurs producteurs dans tous les millésimes. De Jean-Philippe Fichet à Joseph Voillot, Lafon, Jacques Prieur en passant par d'Angerville ou encore Pierre et Jean-Marie Bouzereau. A chaque fois la rencontre avec ce cru est unique, au sens où le finage est régulièrement présent sur une définition précise et permanente. Cette régularité de forme est même ce qui positionne à mon sens ce cru comme l'égal des Soixantes Ouvrées ou du Milieu des Santenots avec un "je ne sais quoi" de puissance en plus.

Comme ses pairs le climat est situé sur un milieu de pente bien abrité des vents qui regarde le levant. Son substrat marno-calcaire marqué par l'oolithe ferrugineuse repose sur la dalle nacrée. En Champans la partie jurassique moyenne qui marquait la Côte de nuits resurgit pour se prolonger en Caillerets et Santenots et ce fait géologique éloigne nettement le cru de ses cousins de Pommard, il puise une énergie tellurique sidérante dans la complexité de ses couches géologiques qui ressemblent fort au Saint Georges de Nuits avec toutefois un sol un peu plus maigre, moins directement marqué par l'argile.

Très homogène le cru forme un rectangle qui est encadré par le Caillerets au sud, La Carelle au nord et Clos des Chênes et Taillepieds au couchant. Sa pente d'abord assez douce en partie basse s'élève nettement à partir du milieu du cru mais cela ne "type "guère le cru en constituant des sous zones car de nombreux propriétaires disposent de parcelles qui coupent le coteau dans le sens de la longueur. Le domaine Voillot possède ici un hectare qui termine le cru au nord contre le village tout contre la Chapelle du bas de Volnay. Cette zone est un peu moins pentue dans le sens Est-Ouest et est marquée par un léger replat en son milieu. De ce fait les raisins puisent à cet endroit une formidable énergie solaire qui densifie encore la matière.

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  Posté par P. Radmacher - 16/05/2013 - 13:51 - 0 commentaires - Edit
Club A.O.C.
Pinots noirs et gewurztraminers



Avant la réunion festive du mois de juin qui marquera le milieu de notre saison A.O.C. 2013, la session du mois de mai sera consacrée exclusivement à l’Alsace avec les thèmes suivant :

1. Les grands pinots noirs alsaciens
2. Les différentes expressions du gewurztraminer


Cette association un peu chauvine n’a pas été programmée volontairement mais des problèmes de disponibilités des membres organisateurs nous ont conduits à repenser nos associations thématiques initiales pour finalement aboutir à une série alsaco-alsacienne…ceci dit avec des vins aussi différents que les pinots noirs et les gewurztraminers, on ne risque pas la monotonie.
Les séries ont été conçues par Eric et Guy avec des bouteilles qui viennent en majeure partie de leurs caves personnelles.




La série de rouges avec un petit intrus.


Les pinots noirs ont été débouchés 2 heures avant la dégustation.
Les gewurztraminers ont été débouchés juste avant le service.
Les vins sont goûtés à l’aveugle et présentés le plus souvent 2 par 2

Verres Spiegelau Authentis 01

Soirée Club AOC du 3 mai 2013 à La Wantzenau


Thème 1 : le pinot noir en Alsace, comme un ilot rouge dans une mer blanche…

« F » 2010 – Domaine Beck-Hartweg à Dambach : le nez est discrètement torréfié et finement aromatique (cerise bigarreau) la bouche est bien légère avec une toucher très soyeux et une finale nette où on perçoit des notes de noyau de cerise.
« W » 2011 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est marqué par un élevage très fin qui laisse s’exprimer des belles notes de fruits noirs et de fumé très léger, en bouche la matière est volumineuse avec une chair généreuse et une finale longue…peut-être un peu chaude ?



Ouverts et bien gourmands, les vins de cette première doublette commencent la série d’une façon fort plaisante. Un peu marqué par l’exubérance du millésime le 2011 des Weinbach devra encore se calmer un peu en cave alors que le vin de Florian, récolté une année plus tôt sur les granits du Frankstein coule comme du petit lait…MIAM !


Vieilles Vignes 2004 – Domaine B. Bohn à Reichsfeld : le nez est mûr et joliment fruité avec des notes de cerise confite, la bouche est ronde avec une chair juteuse et un équilibre très harmonieux.
Bourgogne Pinot Noir 2007 – Domaine F. Gerbet à Vosne Romanée : le nez est assez agréable et d’une belle complexité avec un registre végétal assez marqué complété par quelques notes florales discrètes, la bouche est légère, avec une matière un peu fluette et une finale courte.



Avec son fruit très élégant et sa texture soyeuse, le pinot noir de Bernard Bohn a crée la première surprise de la soirée : issu d’un millésime très compliqué pour ce cépage, cette cuvée provenant de parcelles gréseuses (80%) et schisteuses (20%) montre un caractère très charmeur et un équilibre parfaitement abouti. J’avoue avoir immédiatement pensé au pirate bourguignon…Raté, une fois de plus !
Pourtant originaire d’une bonne maison de Vosne, le bourguignon n’a convaincu personne ce soir : maturité limite et corpulence bien trop maigre…Grosse déception !


Les Neveux 2009 – Domaine Hugel à Riquewihr : le nez s’ouvre sur des notes d’élevage très raffinées (boisé fin, fumé léger et arômes de croûte de pain grillé) avant de livre quelques délicates nuances florales, en bouche il y a une fine acidité, un grain tannique soyeux qui contrebalancent une matière riche et concentrée, la finale est fraîche et longuement aromatique.
« M » 2009 – Domaine L. Barth à Bennwihr : après une petite pointe de réduction à l’ouverture, le fruit pointe discrètement avec des notes de cerise et de framboise, en bouche la première approche laisse une impression légèrement décousue mais le jus est pur, dense et velouté, l’équilibre reste très tonique et la finale étonne par sa grande sapidité.



Voilà deux très belles bouteilles qui expriment de façon très différente le millésime 2009 :
- issue d’une parcelle de « Muschelkalk » sur le lieu-dit « Pfostig » la cuvée des Neuveux de Hugel n’est élaborée que dans les grandes années. Après un élevage de 10 mois en barriques neuves, ce pinot noir assume pleinement son style bourguignon et régale l’assemblée par la classe et la noblesse de sa texture.
- issue du Grand Cru « Markrain » la cuvée de Laurent Barth semble beaucoup moins travaillée en cave mais séduit par son énergie et sa profondeur.
Ceci dit, il ne faut pas oublier que ces deux vins qui se goûtent avec facilité et plaisir aujourd’hui sont encore bien loi de leur apogée.



Cuvée XXC 2005 – Domaine Stoeffler à Mittelbergheim : le nez est intense et flatteur sur la confiture de quetsches, la bouches est agréable avec une belle rondeur, un toucher très soyeux et une finale très longue sur les fruits noirs confits.
Cœur de Bollenberg 2009 – Domaine F. Schmitt à Orschwihr : le nez est fin et délicat sur les fruits rouges bien mûr avec une fine touche boisée très élégante, la bouche donne une fine impression de moelleux (mais le vin n’a pas de SR), la texture possède un raffinement très bourguignon et la finale franche et fraîche étire un joli sillage aromatique fruité.



La belle série continue avec cette nouvelle doublette de très haut niveau. Récoltée sur le Grand Cru Kirchberg de Barr la cuvée XXC de Vincent Stoeffler se tient parfaitement bien après plus de 7 ans de vieillissement : avec ses arômes confits et sa très belle présence en bouche, ce pinot noir se présente aujourd’hui comme un grand séducteur…presque irrésistible. Le vin de Frédéric Schmitt provient du coteau du Bollenberg et témoigne par la finesse de son élevage de l’admiration que ce vigneron voue à la Bourgogne…pour moi c’est la plus belle bouteille de la série. MIAM !

Pinot Noir 1998 – Domaine Muré à Rouffach : le nez poussiéreux et limite liégeux ne laisse que peu d’espoir sur l’état de ce vin, la bouche montre encore un très bel équilibre mais l’aromatique reste complètement déviante.
La déception de la série viendra d’une maison qui tient une solide réputation de qualité sur sa production de pinots noirs (sur le Vorbourg notamment) mais il faut se rendre à l’évidence, cette cuvée est flinguée par un bouchage défectueux. Dommage !

Invité de dernière minute à cette soirée, Bernard Bohn n’est évidemment pas venu les mains vides : pour terminer cette première série, il nous propose de déguster ses deux cuvées actuellement au tarif du domaine.

Tradition 2010 : le nez est très engageant sur les fruits rouges (framboise) et le massepain, la bouche reste bien fruitée avec un équilibre aérien et une grande buvabilité.
Les Roches Rouges 2008 : le nez est plus discret sur la cerise noire, la bouche possède un grain fin et une silhouette élégante, la finale franche et finement minérale est soutenue par des tanins très soyeux.



Issue de terroirs gréseux et élevée en foudres la cuvée « Tradition » joue la carte, de la gourmandise du fruit et de la sapidité, provenant de terroirs de grès (80%) et de schistes (20%) et élevée plus longuement en fûts de chêne, la cuvée « Roches Rouges » a une personnalité plus complexe et plus racé mais se livrera bien davantage avec quelques années de garde supplémentaires. Le 2004 dégusté et plébiscité à l’aveugle dans la série en apporte une preuve éclatante.
Ces deux vins réussis mais très différents nous montrent deux interprétations possibles de ce cépage en Alsace…Conclusion réussie pour cette série !



Pour conclure :

- Pour tout dire, après la récente dégustation d’une longue série de pinots noirs 2003 avec l’Oenothèque Alsace et le sentiment très mitigé qu’elle m’a laissé, je n’étais pas forcément ravi de retrouver ce cépage aussi rapidement…
Mes réticences furent cependant de courte durée car dès la première paire de cette sélection, j’ai compris que nous allions passer une très bonne soirée en compagnie de ces vins rouges alsaciens.

- Excepté le flacon défectueux, toutes les cuvées sélectionnées par Eric et Guy ont obtenu de très bonnes appréciations par l’assemblée de dégustateurs présents ce soir : matières mûres, extractions et élevages mesurés pour obtenir des équilibres frais et des finales nettes et souvent bien sapides.
Contrairement à mes attentes l’intrus bourguignon n’a pas tenu la comparaison face à cette dizaine de belles pointures alsaciennes...j’en fus le premier étonné !

- Pour les coups de cœur, le choix est évidemment très difficile : il y a bien sûr le vin de la maison Hugel qui affirme une classe incomparable, mais son prix (entre 50 et 60 euros) le placent hors concours pour moi.
Dans le même style mais avec un rapport Q/P nettement plus favorable, Cœur de Bollenberg monte avec facilité sur la plus haute marche de mon podium personnel…Bravo à Frédéric Schmitt pour cette belle quille !



Thème 2 : un petit aperçu des multiples facettes du gewurztraminer


VDP de France La Haute Cassagne 2012 – Saint Gilles : le nez est intense et charmeur sur l’eau de rose avec une petite touche fumée, la bouche est moelleuse avec un côté fruité agréable mais l’ensemble manque de fond et la finale est très courte…presque inexistante.



Acheté lors de ma tournée printanière dans les vignobles du sud, suivant les conseils de Jérôme le caviste de la Maison des Vins de l’Espiguette (Port Camargue), cette bouteille a été placée en tête de série pour voir la réaction de notre assemblée œnophile.
L’aromatique très « cosmétique » (savon Cadum) a un peu surpris mais pas franchement déplu par contre le manque de matière en bouche a été évidente pour tout le monde.
Notre vigneron, qui, comme tous les autres, ignorait vraiment tout de la provenance du flacon, a relevé quelques indices qui selon lui trahissaient des interventions œnologiques très particulières….
Né sur le terroir des Costières de Nîmes, ce gewurztraminer va flatter très facilement les sens des futurs estivants, mais en ce qui concerne son intérêt pour le dégustateur un peu averti il n’y a pas à discuter, ça reste un très petit vin…les « bons » vignerons alsaciens peuvent encore dormir tranquille !


Cuvée Réservée 2011 – Domaine P. Gaschy à Eguisheim : le nez est agréable et très classique avec une touche exotique (litchi et mangue) et florale (bouton de rose, guimauve), la bouche est ample et ronde avec un moelleux très sensible mais la structure acide n’est pas assez solide pour tenir l’équilibre…un peu mou !
G. C. Kaefferkopf 2010 – Domaine J.M. Bernhard à Katzenthal : le nez est tonique et complexe sur les agrumes mûrs (mandarine, pomelo) et le poivre blanc, la bouche est volumineuse, concentrée avec une belle trame acide qui tient solidement la structure, la finale est rafraîchie par une marque minérale très nette.
 


Peut-être victime des excès du millésime 2011, la cuvée de Gaschy qui possède une très belle définition aromatique manque de tonus à mon goût…dommage !
Le gewurztraminer Grand Cru de Bernhard est simplement parfait…une fois de plus un vin de ce producteur de Katzenthal remporte la majorité des suffrages : expression aromatique nette et précise et balance impeccable en bouche…quelle maîtrise !



Vendange Tardive 2008 – Domaine Beck-Hartweg à Dambach : le nez flatteur mais sans excès développe une jolie palette sur les agrumes confits, la bouche est opulente mais bien équilibrée avec des arômes de raisin de Corinthe, la finale est nette et rafraîchie par une pointe minérale.



Issue principalement de baies en surmaturité (Florian n’aime pas trop le botrytis…) cette cuvée VT très classique dans son expression associe avec élégance une matière épanouie et une trame acide fine mais profonde…Belle réussite !


Vendange Tardive 2005 – Domaine Hugel à Riquewihr : le nez s’ouvre sur d’intenses notes de réduction qui disparaissent après oxygénation pour laisser la place à une palette complexe sur les agrumes mûrs et la rose, en bouche le moelleux est délicat, velouté mais sans lourdeur, l’équilibre est impeccable et la finale possède une longueur aromatique considérable.
 


G. C. Mambourg Vendange Tardive 2005 – Domaine G. Fuchs à Sigolsheim : le nez est très mûr sur le raisin sec, les fruits exotiques et les épices douces, en bouche la matière est dodue mais le moelleux très prononcé ne trouve pas de répondant, la finale est complexe avec des notes de mangue confite, de caramel et un botrytis sensible.
Insolent de jeunesse et d’équilibre la cuvée V.T de Hugel, issue du Grand Cru Sporen, met tout le monde d’accord…on est face à un très grand vin…mais pouvait-il en être autrement !
Le vin issu du Mambourg est plaisant mais un peu trop riche...au bout de 7 ans de vieillissement il n’a pas encore trouvé son harmonie. J’ai bien peur qu’il n’y arrivera plus…


Dernier petite contribution de Bernard Bohn à la réussite de cette soirée :

Gewurztraminer S.G.N. 2000 : le nez est fin avec une palette sur les fruits exotiques, en bouche, après une attaque bien vive la matière ample et équilibrée posée sur une ligne acide puissante bâtit un équilibre très élégant, la finale est très digeste avec des nuances poivrées et une fine amertume.



Les 80 g de SR restants sont superbement intégrés dans la matière encore très gourmande de cette SGN qui porte fièrement son âge respectable (plus de 12 ans quand même !).
Remarquable par son équilibre, ce gewurztraminer semble commencer sa phase de maturité…j’irai bien le revoir dans 10 ans !



Pour conclure :

- Comme il fallait s’y attendre, avec une série de 6 ou 7 flacons on ne pouvait que survoler le problème de la multiplicité des personnalités du gewurztraminer : certes avec ce cépage très aromatique les palettes exotiques ou florales plus ou moins épicées se retrouvent sur la majorité des cuvées mais en ce qui concerne les équilibres en bouche la gamme est presque illimitée…allant du sec (ou presque) au liquoreux parfois extrême avec certaines « quintessence » ou autres qui dépassent le demi kilo de S.R. par litre !

- Il n’en reste pas moins que ces gewurztraminers ont été goûtées avec grand plaisir : à part l’invité surprise du sud qui ne tenait vraiment pas la route les 6 vins se sont livrés avec naturel et spontanéité. En considérant la finesse de leur équilibre en bouche, la différenciation qualitative se faisait assez naturellement : la marque du terroir et la maîtrise du vinificateur comme juges de paix…normal !

- N’étant pas trop amateur de cuvées trop moelleuses, je reste néanmoins ébahi par la précision du travail des Hugel sur leur V.T. 2005, évident de classe et de potentiel mais pour le coup de cœur j’opterai pour le Kaefferkopf 2010 des Bernhard : précis, facile à approcher mais avec beaucoup de fond…un vin vraiment abouti.

- Merci à Eric et à Guy d’avoir su choisir ces flacons…au vu de l’offre cela n’a pas du être chose aisée. Merci à Bernard d'avoir complété nos séries avec quelques belles surprises issue de sa propre production.


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  Posté par patrickessa - 06/05/2013 - 14:33 - 4 commentaires - Edit
Côte de Nuits : le finage de Marsannay

Le finage de Marsannay contigu à celui de Chenôve et peu éloigné de Dijon est sans doute le dernier qui évoque encore un peu la très belle qualité des vins qui étaient au moyen âge produits dans la capitale des Ducs de Bourgogne. Ces vins des Coteaux de Dijon auraient sans doute pu s'appeler "Côte de Dijon" si l'urbanisation de cette ville n'avait été considérable dès le début du 19° siècle. C'est peut-être aussi une explication au fait qu’ils n'ont pas appartenu "complètement"  dans leur esprit à la fameuse Côte de Nuits.Ainsi Lavalle ou Courtépée les évoquent brièvement dans les années 1850 et soulignent surtout leurs capacités à produire des "ordinaires" de qualité. Ces crus ont à cette période largement été complantés en gamay, surtout dans les parties basses.

 

 Au moment des classements en grand crus et premiers crus, le village rate la marche et se replie assez vite sur la production du fameux Rosé de Marsannay en délimitant largement les parties planes comme possibles productrices de ce vin simple et déjà recherché. Une singularité bourguignonne qui un peu à l'instar du "nouveau beaujolais" a permis à de nombreux producteurs d'écouler de grandes quantités de vins honnêtes et marchands mais assez éloignés des canons d'un noble cru délimité. Le village souffre encore quelque peu aujourd'hui de ces décisions qui ont permis de sauver la viticulture du village à l'époque mais qui l'ont plus tard largement conduit à ne pas affirmer certaines qualités pourtant évidentes de leurs meilleurs climats...Hélas!  Qui n'a bu de Longeroies, Favières, Grasses-Têtes ou Saint Jacques ne sait véritablement ce que je veux ici signifier mais croyez moi ces zones pourraient à bon droit concurrencer les bons climats des coteaux de Brochon classés en Gevrey car ils cousinent fortement avec eux.

  Le finage de Marsannay déborde au nord sur la commune de Chenôve et englobe ainsi le fameux Clos du Roy, mais il inclut aussi une notable partie des vignes sises sur Couchey, un village très bien exposé, encadré par Fixin/Fixey et Marsannay, qui disposent de remarquables terres mixtes, capables de produire d'excellents blancs et rouges. Le climat de Champs Perdrix me paraît être ici proche du niveau d'un Evocelles par exemple. 

  Cette entité communale vaste est entrecoupée de deux combes (voire trois si l'on englobe Couchey), la principale est la combe de Grandveau et une plus restreinte s'appelle Combe du Pré, elles influencent largement les vignes situées sur leurs sorties en apportant des courants d'air plus froids qui typent les crus du côté d'un fruité prononcé, caractéristique du secteur. Ainsi les Vaudenelles et les Echezeaux sont ils sous l'influence de Grandveau alors que la Montagne est imprégnée des courants éoliens de la Combe du Pré.

 

Quelques bons producteurs:

 

 Domaine Bruno Clair: Incontestable leader de l'appellation et infatigable défenseur de ces coteaux Nord, il produit les vins les plus aboutis de la commune avec de nombreuses cuvées qui isolent les lieux-dits. Dégustez ces Longeroies ou Grasses têtes pour vous convaincre de la plénitude que peut atteindre cette commune un peu trop minorée aujourd'hui. Le grand-père de Bruno Clair, Joseph Clair a sauvé les vignerons de Marsannay en créant le Rosé de Marsannay. Il a incité les vignerons à arracher le gamay et planter du pinot fin.  Le Domaine Clair-Daü fut la locomotive de l'appellation jusqu'à sa disparition en 1985 alors que Bruno Clair créait sa propre exploitation avec la plupart des vignes du Domaine de son grand-père et de son père. Il est un des ambassadeurs de premier plan pour ces vins encore discrets médiatiquement..

 Domaine Charles Audoin   Il faut  découvrir les vins de cette famille de Marsannay qui produit vraiment de beaux crus depuis longtemps. J'ai la chance d'avoir dégusté la production sur plus de 20 millésimes et j'apprécie la grande douceur de constitution de ses beaux Marsannay séveux, mûrs et gourmands. Le Clos du Roy et les Favières se placent au niveau de ce qui se fait de mieux dans la commune et je vous encourage à aller à la rencontre de Françoise, Charles et de leur fils Cyril car ce sont de vrais  vignerons bourguignons sérieux et authentiques. Hors Marsannay,une petite cuvée de Gevrey"Les Crais"est absolument sans équivalent au niveau du rapport Q/P.

 Domaine Sylvain Pataille : Un jeune qui s'est lancé il y a environ 10 années après avoir travaillé comme oenologue pour la maison SGS. Il a patiemment augmenté sa surface en production pour aujourd'hui friser les 10 hectares. En reprenant les anciennes caves de Bernard Bouvier il a pu développer des élevages longs pour ses belles cuvées de Marsannay La Montagne avec en particulier un excellent Clos du Roy. Il diffuse aussi une cuvée ancestrale un peu extraite et démonstrative, mais qui ne manque pas de puissance. Le domaine commence à être sous les feus de la rampe mais il est encore possible de s'approvisionner.

 Domaine Bernard Coillot: Aujourd'hui dirigé par Christophe Coillot le domaine ne cesse de m'impressionner lors des dégustation comparatives. Les robes sont profondes, les nez puissants et fruités et les textures toujours douces et soyeuses. Pour les amteurs de vins intense et fruité je conseille sans réserve les cuvées de Boivins, Longeroie et Grasses Têtes. Ce dernier climat peut même tenir tête sans problème à de très nombreux Gevrey-village. Un domaine à découvrir d'urgence.

  Et puis aussi plus connus des lecteurs du site, les très bons Marsannay du domaine Bart qui possèdent de nombreuses vignes bien placées sur l'AOC (mention peut-être aux Finottes pour leur fluidité). La puissance de vins de Bernard Bouvier (domaine René Bouvier) qui a émigré il y a quelques années à Gevrey et les vins d'Olivier Guyot et du domaine Huguenot.



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  Posté par patrickessa - 15/03/2013 - 19:55 - 2 commentaires - Edit

Gewurztraminer Vendanges tardives Clos Windsbuhl 2005 - Zind Humbrecht

 



    Après avoir dégusté une VT 1971 de Léon Beyer très en phase avec les équilibres peu sucrés de l'époque il était tentant de comparer ce vin avec une des plus belles réussites de l'Alsace moderne dans cet exigeant cépage qu'est le Gewurztraminer. Souvent minoré en raison de son parfois excessif profil variétal et de ses sucres un peu lourds, il est à tort considérer comme un vin de dessert un peu pâteux, très exubérant et manquant de la grande race que le riesling développerait mieux que lui. Je ne suis évidemment pas d'accord avec ces hâtives conclusions. Surtout lorsque l'on évoque le Windsbuhl de Hunawihr.
    Terres assez hautes qui regarde le levant elle n'est à mon sens jamais meilleur que dans cette version associant la nature qui se fait
discrète du gewurz et le seuil VT des sucres qui préserve un côté aérien et délicat sans farder la matière équilibrée par une acidité mesurée. Plus de sucre le tuerait, moins lui enlèverait de la richesse en entraînant à l'excès le vin vers un dépouillement plus aqueux.
    Le nez insinuant est précédé par une robe dorée à reflets verts pâle, il exhale des senteurs de lime, de bleuet et de violette en même temps qu'une étonnante et très subtile ligne iodée. La bouche est équilibrée par sans doute plus de 70 g de sucre mais cela se ressent sans excès. C'est un vin de sucre déclaré qui joue sur la douceur plus que sur la nervosité finale. Il enveloppe avec un fin perlant décuplant la fraîcheur et se montre encore très jeune. Pur, franc et sans doute encore en devenir, il m'a laissé une très belle impression. La patte Zind est olus lourde que celle d'un Tempé mais ce qu'elle perd en finesse, elle le gagne en concentration. Excellent 


 + Domaine Zind Humbrecht

 + Clos Windsbuhl

 

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  Posté par patrickessa - 15/03/2013 - 09:14 - 1 commentaires - Edit

Gewurztraminer "VT de SGN"1971 - Léon Beyer


 


Cette maison historique d'Eguisheim ne produit pas de grands crus bien qu'elle exploite de nombreuses vignes ayant ce classement. En 1976 au moment de la création de ceux ci par les propriétaires, elle s'est nettement démarqué - à l'instar des maisons Hügel et Trimbach - de cette mention qu'elle jugeait moins importante que la traditionnelledistinction alsacienne par le cépage. Observez comme celui ci est mis en évidence sur cette bouteille. Beyer produit du Gewurztraminer marqué par son degré de concentration et son millésime, il semble que le sol - qui regroupe pourtant de bons climats - soit mis en retrait.
   Le décret définissant les valeurs de concentration légales sous un vocable associé n'ayant pas encore été promulgué la mention Vendanges Tardives de sélection de Grains Nobles " nous apparaît aujourd'hui quelque peu fantaisiste. Mais elle signe surtout la réalité d'une époque: nous sommes sur le très haut de gamme de la maison, celui dont les raisins ont été triés avec le plus de soin dans les endroits les plus favorables.
    Je me souviens d'un
modèle 1964 de Preiss Henny absolument remarquable car d'une finesse et d'un éclat rare. Sans atteindre ce niveau cette vendanges botrytisées s'avère remarquable en raison de sa finesse et de son grain de texture moelleux mais pas trop. Je suis circonspect avec la fraîcheur des vieux vins alsaciens car elle provient très souvent de doses de soufre massives visant à éviter les redémarrages en fermentations alcooliques car la FML n'est quasiment jamais réalisée. Cela donne souvent de vieux vins très clairs embaumant la naphte et/ou l'asperge. Cela Meursault déplait plus encore qu'un vin qui "ranciote" au bout de trente ans mais qui a encore une matière concentrée et racée. Les deux déclinent mais le second subit le temps de la longue garde quand l'autre a en quelque sorte été "botoxé" à sa naissance.-))
   Ce 1971 est marqué par une couleur jaune prononcée qui commence à ambrer. Sin nez encore floral porte une part iodée sus-jacente qui éclaire les accents de mangue, d'épices et de fruits jaunes d'un nez insinuant. La bouche est demie liquoreuse, délicate et subtile et conserve une vraie fraîcheur constitutive sans être entêtante en raison de résidus soufrés mal dosés. J'aime son originalité et ce côté liquoreux sec que lui a conféré le temps. Un exemple édifiant de la qualité qu'il est permis d'obtenir dans des cuvées d'assemblage de nobles origines TB++
 

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