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Posté par patrickessa
- 09/03/2010
- 17:13
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Chapelle-Chambertin 2003 Domaine Rossignol-Trapet à Gevrey-Chambertin
La Chapelle dont il est question se nommait Chapelle du Clos de Beze car elle lui faisait face et se situait donc du côté est du chemin qui va de Gevrey à Morey (un portique enjambait même le chemin d'est en ouest), elle a été bâtie en 1155 et rasée à la révolution de 1789 à 1792.(Source : le père Cordier, curé de Gevrey). Les Gémeaux n'ont pas toujours été considérés au même niveau que l'ancienne "Chapelle haute" (coeur historique du climat) et Lavalle les classe en deuxième classe alors qu'il place le haut en "première". A noter qu'à cette époque la petite Chapelle est classée au même niveau que les Gémeaux et je pense sincèrement qu'elle est plus proche de ces derniers. Les propriétaires de Gémeaux sont peu nombreux de nos jours et si l'on se base sur les 30 dernnières années il fallait déguster chez Michel Noellat (puis Cecile Tremblay), chez Livera (au coeur du climat), Jadot (La première vigne après les cherbaudes), Ponsot pour isoler le type du cru. Hors ces domaines - en dehors de Jadot - ne présentent pas beaucoup d'échantillons dans les dégustations comparatives. Aujourd'hui une des parcelles Livera est exploitée par Claude Dugat et le domaine Rossignol Trapet qui possède une vigne à cheval sur les deux lieux-dits assemble sa parcelle avec un autre carré placé en Chapelle haute. On comprends aisément que le lieu-dit est différent lorsque l'on se ballade dans les vignes car la pente est légèrement inclinée vers le Nord et en général la maturité y est plus tardive. David Rossignol a toujours un demi degré d'équart au moins entre ces deux parcelles par exemple. Il en résulte un "Gémeaux-Chambertin" qui est assez personnel car un peu plus raide dans ses premières années. Moins solaire que Chapelle haute (qui est en plus placé sur un sol moins profond), il donne des vins plus charnus, plus stricts aux tanins un peu plus formés. En revanche il gagne en puissance ce qu'il perd en élégance et il est assez sidérant de constater la sève des Gémeaux de Jadot (vigne de 52 ans)ou de Jean-Marc Noellat qui en a réalisé de très beaux (et combien méconnus) avant de céder le fermage de la vigne "Tremblay" il y a trois ans.

Seul le domaine Rossignol-Trapet est aujourd'hui à même de diffuser un assemblage de Gémeaux et de Chapelle, en l'état précieusement unique.
Le secteur de Chapelle haute a beaucoup souffert des fortes chaleurs de 2003 et du stress hydrique. Il est de ce fait souvent un peu confit, facile et gourmand mais manque de race et d'équilibre pour aller vers la longue garde. Le retour au grand style se fera chez ceux qui ont bien triés en 2004 et qui ne seront pas victimes des coups de grêle, bien que le secteur ait été moins touché que d'autres.
Il s'agit sans doute du plus suave des grands crus après les deux Chambertin si l'on excepte la partie haute et le plat des grands Charmes. Sa réputation moindre par rapport à la Griotte est due à sa plénitude de constitution et à sa capacité a garder assez longtemps en son centre toute la sève dont elle dispose. Peu exhubérante mais mêlant avec bonheur les notes épicées et finement confites des zones solaires elle mérite vraiment d'être remise à son juste rang.
J'ai dégusté plusieurs fois ce 2003 en jeunesse et j'avoue que je n'avais sans doute pas évaluer pleinement toutes ses qualités, tant il m'est apparu hier un ton au dessus du souvenir - déjà positif - que j'avais archivé dans un coin de ma mémoire. Moins sirupeux, moins confit, plus énergique et d'une douceur de texture incomparable qui confirme que ce cru est le "second" dans mon esprit après Chambertin et Clos de bèze dans cet ordre. Sa robe est encore jeune, sombre, centrée sur des reflets rubis et d'une parfaite limpidité pour un vin qui je le sais a été peu filtré. Le nez un peu retenu, sur une très subtile et "classieuse" réduction, évoque la praline, la fraise et le grain de cassis avec une ligne sous jacente subtilement "graphitée"...oui je sais la graphite ne sens rien, bon alors "une certaine "terroirité". La bouche se présente sur une acidité basse mais la densité de la matière procure une fraîcheur formelle tout à fait satsifaisante et le cru ne paraît en rien marqué par un côté sirupeux, ou même un peu sudiste. Non ce cru septentrional et solaire a donné un vin parfaitement harmonieux dans un millésime caniculaire, preuve de la grandeur de ce formidable petit terroir mêlant Gémaux et Chapelle. Superbe longueur montante sur les fruits noirs. Extra, vraiment. Excellent.
Style classique
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Posté par patrickessa
- 09/03/2010
- 16:38
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Pommard 2007 Château de Pommard
Clos unique de 20 ha, ceint d'un mur séculaire en pierre de taille et flanqué de deux bâtisses signeuriales, le château de Pommard a fier allure. Maurice Giraud qui a racheté l'entité à M. Laplanche à la fin des années 90 n'a pas ménagé son énergie pour magnifier cet écrin en le dotant d'un petit jardin à la française, en rénovant complètement l'ancien château Vivant Micquaut, les chais, les caves,le hall de réception, les salons d'accueils...bref en tout changeant ou presque! Vu de l'extérieur cette entreprise pharaonique a des dehors un peu clinquants et les mauvaises langues n'ont jamais manqué de souligner que le vin en dépit de tous ces soins n'a pas toujours été à la hauteur du rang auquel il prétend... Avouons le, à juste titre.

Cependant le savoyard - région d'origine de M. Giraud - est opiniatre et comme il dispose de moyens à la hauteur de ses ambitions il a su imprimer une vraie énergie à ce domaine en s'entourant de gens particulièrement compétents. Cecile Lepers la directrice générale des lieux, gère avec brio une entité qui progresse chaque année au niveau commercial, et puis après un court épisode Philippe Charlopin est arrivé l'excellent Emmanuel Sala aux vinifications. Ainsi depuis fin 2006 est-il aux commandes du grand vin, des vinifications, des élevages et de la manière d'aborder les vignes sur le plan cultural. Voilà qui a tout changé car l'homme sait ce qu'il veut et ne ménage pas ses efforts pour y parvenir.
Le sol argilo-calcaire du château est de nature très complexe et une analyse récente de Claude Bourguignon montre qu'il est constitué d'argiles à larges feuillets diposant de surfaces internes remarquables en certaine de ses parcelles. Bien sûr tout n'est pas au même niveau et la sélection des lieux-dits qui rentrent dans le grand vin est sans doute une des futures clefs de la réussite de ce cru au profil si souvent changeant. Je suis convaincu qu'il est possible de produire ici une cuvée de 80.000/100.000 bouteilles de haut niveau ayant une personnalité propre. Nous verrons si le temps apporte des éléments de réponses allant dans ce sens. Pour l'heure j'ai dégusté ce 2007 une bonne quinzaine de fois déjà et ce, à tous les stades de son évolution: du raisin dans le clos à cette bouteille ouverte hier en passant par l'ensemble des parcelles en cuves, en fûts, à 6 mois, 10 mois et 17 mois... bref le Château de Pommard 2007, je sais de quoi je parle!
Ce 2007 se présente sombre sur une robe rubis de turbidité assez faible, très classiquement bourguignonne. Le nez retenu de prime abord - nous le dégustons à température de cave et il fait froid en Bourgogne en ce moment ! - s'ouvre progressivement vers des notes de fruits à noyaux, de griotte, de fraise des bois et de sureau. D'impression fraîche, le profil olfactif séduit par sa pureté et la discrétion de l'élevage. Après les vinifications Charlopin un peu démonstratives nous voici revenu à Pommard! La bouche est souple, très élégante et construite sur des tanins assez abondants et fins. On perçoit une légère trace boisée très intégrée ce qui est normal à ce stade car le vin a été mis en bouteille après 24 mois d'élevage, qui souligne une matière serrée. Les notes de pruneaux et de réglisse se combinent pour livrer un profil aromatique gourmand qui termine sur une longueur insinuante. Un vin encore très jeune qui demande une éducation bourguignonne - liée à la race et à la complexité des terroirs - pour être pleinement apprécié en ce moment mais qui se livrera magnifiquement dans 3 à 5 années. Une réussite à ce niveau d'appellation. Dommage toutefois que le prix ne soit pas un peu plus modeste pour refléter pleinement la discrétion et la sagesse des gens qui le produisent et sa vraie qualité actuelle.Très bien.
Style intermédiaire
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Posté par Jaffuel
- 08/03/2010
- 17:02
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Une "traversée" de la France à l'occasion de ce repas dominical...
 
Velouté de chou-fleur au zest d'orange
Domaine Ferret, Pouilly-fuissé 2004, cuvée hors classe "les ménétrières"
Une robe jaune bouton d'or soutenue, un nez peu intense qu'il faut aller chercher et qui s'ouvre tout d'abord sur des notes de chévrefeuilles et de fougères puis se livre avec des notes miellées, de pêche jaune, et au final des notes pralinées grillées discrétes. La bouche est racée avec une puissance contenue, c'est long en bouche, net, sur un équilibre sec. Le vin souligne les notes d'agrumes et en particulier d'oranges du plat, le plat souligne la "fine" puissance du vin et sa fraîcheur. Très bien.
 
Saint-jacques poellée sur sa tarte fine de tomates et courgettes façon pissaladière
Riesling Gand Cru Frankstein, Domaine Beck-Hartweg 2006
Une robe jaune paille moyennement soutenue, un nez net sur les agrumes, le citron et les épices. Aucunes notes terpéniques. En bouche le vin est précis avec une matière présente et un fruit mur et moelleux sans être pour autant exhubérant, le vin se livre concentré avec une certaine longueur et une finale saline. C'est le type de riesling qui me plait merçi au vigneron et à Stéphane Morea... Pour l'accord met et vin, le vin souligne la finesse de la saint-jacques et la sensation de moelleux disparait avec le plat, le plat soulignant le caractère précis et la tension du vin en bouche.
 
Agneau de 7 heures dans sa cassolette, sauce aux cépes
puis plateau de fromages
Domaine Montcalmès 2004 CDL
Un nez très discret mais complexe sur des notes de fruits noirs, de garrigue, d'olive noire, d'anchois et d'iode. Un nez qui par moment n'est pas sans rappeler une GDP. L'attaque est souple et fraîche, les tanins fins, le vin se livre avec une certaine longueur. On retrouve donc cette fraîcheur des 2004 languedociens avec ce qu'il faut de maturité sans que cela soit confit et/ou alcooleux comme trop réguliérement sur ce millésime. Toutefois, il y a un petit manque de densité et profondeur pour être l'égal du 2001, millésime "d'excellence" pour ce qui me concerne pour ce domaine... "seulement" Très Bien. Avec l'agneau, accord qui souligne la fraîcheur du vin, avec le saint-nectaire accord qui souligne la finesse des tanins et les notes de fruits rouges réglissées que je ne percevais pas spontanément.
Dany |
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Posté par DTardivel
- 08/03/2010
- 04:04
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Petite soirée autour de quelques très beaux vins espagnols, une occasion idéale pour apprécier la diversité du vignoble espagnol. L'occasion également de confirmer des crus de bonne notoriété et de découvrir certains vins qui mériteraient amplement d'être mieux connus.
Les tapas sont de sortie : salade de calamars, saucisson iberico, anchois marinés, salmonejo, poivrons marines, fromages... Le plaisir était également dans l'assiette.
Les bouteilles sont ouvertes depuis midi.
- Albarino Rias Baixas 2007 – Terras Gauda (20$)
Belle entrée en matière pour un cru qui se laisse joliment approcher. Nez fruité, entêtant, pas très complexe mais délicieux. Bouche souple, qui possède du gras et une belle fraicheur, l'ensemble étant vraiment intéressant. Le genre de vin qu'on boit avec plaisir sans trop se poser de questions... Bien.
- Rioja reserva “Vina Tondonia” 1989 – Lopez de Herredia (43$)
On change de registre avec ce vin plus complexe, toujours très original. J'aime beaucoup ce nez aux nuances d'aiguille de pin, de cire d'abeille, d'amande fraiche, de foin. Un vin noblement végétal mais d'un style qui peut dérouter. Il n'a d'ailleurs pas été toujours très apprécié. En bouche, c'est étonnamment vif et droit. Il n'est évidemment pas au niveau du superbe gran reserva 1981 de la même origine que j'ai eu la chance d'apprécier en décembre dernier mais c'est néanmoins un très beau vin. Bien+
- Ribera del Duero 1998 – Alion (54$)
Le cru appartient à l'empire Vega Sicilia. Il est distribué à hauteur de près de 250 000 bouteilles par an, une quantité qui n'affecte en rien la qualité. Sur ce millésime, Alion est une superbe bouteille, complexe, élégamment élevée sans boisé disproportionné ou sur extraction. Tout est parfaitement fondu, crémeux mais sans lourdeur, raffiné mais pas apprêté, précieux mais pas snob, et extrêmement long. Le nez comme la bouche signent un vin d'une rare noblesse et témoignent d'un savoir faire exceptionnel. Superbe.
- Priorat 2000 – Cims de Porrera (25$)
Issu d'un assemblage de carignan (90%) et de grenache, ce vin de coopérative est désormais une des étiquettes les plus connues d'Espagne. Pour être franc, je suis resté sur ma faim et ce n'est pas cette bouteille qui va me réconcilier avec le carignan. Couleur noire, impénétrable. Nez animal, nuances de miel en bloc, de réglisse. Tout cela me semble un peu trop mur et c'est malheureusement confirmé en bouche. Sans être démesurément chaud, ce vin puissant masque mal ses 14,5% et semble trop vouloir passer en force. Une déception (heureusement qu'il était en promo). Je préfère nettement la cuvée Solanes du même domaine qui est bien plus attachante. Moyen.
- Ribera del Duero gran reserva “Janus” 1995 – domaine Pesquera (88$)
La cuvée "reserva especial" 1996 du même domaine est un de mes plus beaux souvenirs de dégustation de rouge espagnol. Cette cuvée Janus, le must du domaine, est un cru rare et cher, luxueusement élevé en bois américain, et de réputation très internationale. Je m'attendais à un vin outrageusement vulgaire et j'ai finalement découvert un cru, certes ambitieux, mais incroyablement complexe. La matière est vraiment belle, mure sans excès, les tanins sont exemplaires et l'impression finale est très positive. Donnons lui encore 10/15 ans et ça sera alors sublime, je suis prêt à le parier. Très bien+

- Penedes gran reserva “Mas la Plana” 1985 – Torres (55$)
Un des crus les plus célèbres d'Espagne, 100% cabernet sauvignon, un cru qu'on dit capable d'égaler les plus grands Bordeaux. Pas sur cet échantillon. J'ai déjà apprécié les millésimes 89 et 96 mais ce 85 est un peu fatigué. Le nez n'est pas inintéressant mais offre un développement aromatique limité et surtout il s'oriente trop nettement vers les notes tertiaires. La bouche confirme l'age avance du candidat. Pas mauvais mais sans émotion. Bien.
- Rioja gran reserva “Vina Tondonia” 1985 – Lopez de Herredia (80$)
Un vin incroyable. Une couleur de claret, de grenadine à l'eau mais un nez qui met tout le monde d'accord. Floral, rose fanée, cerise napoléon, framboise, cuir frais. Complexe et élégant, il rappelle furieusement un beau pinot noir de noble origine, y compris en bouche. C'est en effet suave, très soyeux et surtout intensément long. J'adore. Excellent.
- Montilla Moriles Amontillado solera 1922 – Toro Albala (38$)
La maison Toro Albala réussit ici un très beau PX en amontillado, un blanc sec qui ne trahit pas son origine. Notes de colle à bois, d'épices, de noix, d'herbes médicinales. Bouche sèche, violente, presque piquante. La matière est belle, le style est conforme à ce qu'on peut attendre d'un bel amontillado et c'est tout simplement au niveau auquel je l'espérais. Tout le monde n'a pas aimé mais c'est plus une question de style. Très bien.
- Alicante “Fondillon” solera 1948 – Primitivo Quiles (65$)
Un cru que j'ai découvert. Issu de Monastrell (mourvèdre) et provenant de la région d'Alicante, ce rouge est un vin doux mais non muté. Il titre d'ailleurs “seulement” 16% ce qui est assez peu si on le compare à n'importe quel autre VDN rouge. Un vin intéressant, frais, peu sucré, très fruité sur la prune et le zan. On le boit très facilement et c'est assurément un vin qui mérite d'entre découvert pour son équilibre atypique. Très bien. |
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Posté par reneleperfo
- 07/03/2010
- 20:43
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Verticale du Château Pichon Longueville Baron
Nous voici partis pour une verticale sur 9 millésimes de ce second grand cru classé de Pauillac.

Petits rappels historiques :
Situé sur un plateau de graves au sud de l’appellation, jouxtant Latour et Pichon Longueville Comtesse de Lalande, cette propriété de 68Ha est issue de la scission du vignoble du Baron de Longueville : Jacques de Pichon en 1850 entre ses cinq enfants. En 1860, date à laquelle les propriétés sont vinifiées séparément, le domaine « Pichon Baron » est alors transmis à son fils Raoul seul héritier mâle vivant, le domaine « Pichon Comtesse » à fille Virginie épouse du Comte de Lalande, qui reprend la part transmise aux filles.
Le Château actuel est édifié en 1851 à l’initiative de Raoul en s’inspirant d’Azay-le-Rideau. 1933 sonne la fin du Château en tant que propriété de famille, celui-ci est en effet cédé à la famille Bouteiller propriétaire alors de Château Palmer, avant d’être acquis par Axa en 1987 et la production confiée alors à Jean-Michel Cazes propriétaire de Lynch-Bages à Pauillac.
La propriété est plantée de 60% de Cabernet Sauvignon, 35% Merlot, 4% de Cabernet Franc et 1% de Petit Verdot. L’âge moyen des vignes est d’une trentaine d’années.
Les vins sont issus de vendanges manuelles, totalement égrappées. Une macération en cuve inox de 20 à 30 jours puis fermentation d’une quinzaine de jours en cuve et barriques. Le vin est alors élevé 15 à 18 mois en fûts, dont 80% sont renouvelés chaque année, avant d’être collé au blanc d’oeuf. La production avoisine les 290 000 bouteilles par an. Un second vin est également produit : Les Tourelles de Longueville.
Si la production du château à toujours été reconnue pour sa qualité jusque dans la première moitié du XXème siècle, à partir des années 60, celle-ci commence à ne plus être au rendez vous. En effet, suite au décès de Jean Bouteiller en 1961, la propriété se retrouve alors conduite par son jeune fils Bernard, tout juste âgé de 20ans et inexpérimenté. Il s’ensuit une période de 15 ans (1963- 1978) ou le vin devient très corsé, austère. Il faut attendre le début des années 80 pour que l’on note de réels progrès dans la production, le vin devenant moins « masculin », et retrouvant l’élégance qui le caractérisait jusqu’alors mais manquant parfois cruellement de matière.
Ce n’est que suite au rachat par Axa, et grâce aux très lourds investissements consentis que la production du château revient dès le millésime 1988 au plus haut niveau.
Château Pichon Longueville Baron 2005
Robe rubis dense, reflets violacés, nez sur la griotte, le menthol, les épices. En bouche c’est très clairement la cannelle qui ressort dès l’attaque, puis les épices. Grosse matière et tanins bien présents mais très fins. Structure dense, léger fumé, belle longueur. Très Bien
Château Pichon Longueville Baron 2001
Robe rubis, frange avec un léger grenat. Le nez est sur le tabac, ainsi qu’un léger boisé, fumé. Puis c’est le café, nuancé par beaucoup de fraîcheur. En attaque le boisé est assez présent ainsi que l’acidité. Le vin est plus souple, la finale assez courte et un peu sèche, marquée par le bois. Moyen
Château Pichon Longueville Baron 2000
Robe rubis profond, à peine une légère frange orangée sur le disque, le vin semble même plus dense que le 2005. Beaucoup de complexité : fraîcheur, cèdre, résine, puis griotte. C’est une impression de grande maturité qui se dégage du verre. Ceci n’est pas démenti en bouche : soyeux, matière et puissance qui demande encore a se fondre un peu. Notes de café, longueur magnifique avec une finale sur la griotte, les fruits secs, la noisette fraîche. Magnifique texture. Excellent.
Château Pichon Longueville Baron 1997
Nettement plus clair, grenat, orangé. Le nez est sur le cuir, un léger viandé, et le caramel. Bouche fumée, évoquant le cigare, soyeuse mais manquant de matière. Vin très plaisant, gourmand, de longueur moyenne.
Bien
Château Pichon Longueville Baron 1996
D’aspect brique sombre. Malheureusement le vin est bouchonné, tout juste laisse t’il paraître des notes giboyeuses. Bouche liégeuse. Mais très belle texture, fraîche avec une belle longueur. Grosse déception que la bouteille ait été bouchonnée. Non noté.
Château Pichon Longueville Baron 1995
Aspect identique au précédent. Nez discret, frais, évoquant surtout le cuir. Dès l’attaque, les tanins sont encore présents donnant une sensation granuleuse en bouche bien lointaine des tanins très fins des millésimes 00 et 05. Notes de griotte et de cuir. Belle longueur. Dommage que les tanins ne soient pas un peu plus civilisés. Bien.
Château Pichon Longueville Baron 1994
Robe claire, rubis avec des reflets orangés. Le nez est boisé, un peu vert, évolué. L’attaque se fait sur de l’amertume puis le pruneau. Vin court et finale végétale. Moyen
Château Pichon Longueville Baron 1992
Robe brique orangée, dense, sombre. Le nez est magnifique : tabac avec un côté sauvage. Puis cuir, animal, un peu viandé mais fruité. Et quelle bouche ! Voici la grosse surprise de la soirée. Belle matière, dense, réglissée, de très belle longueur. Vin Dense, charnu et séducteur. Loin du 92 auquel tout le monde s’attendait. Si vous en avez : bonne pioche dans ce petit millésime. Très Bien.
Château Pichon Longueville baron 1989
D’aspect très dense, rappelant le 2000, rubis sombre, frange légèrement orangée. Étonnement jeune. C’est alors un vin superbe qui se dévoile, grande complexité, tabac, réglisse, anis, cuir, mure. L’attaque est soyeuse, toute de velours malgré un côté un peu dérangeant en attaque. Viennent ensuite l’eucalyptus, la réglisse. Magnifique texture, dense, fondue et veloutée. Grosse longueur. Excellent.
Un petit top 3 est ressorti presque à l’unanimité. Vainqueur : 1989, puis 2000 et 1992. |
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