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Le village
L’appellation Gigondas dont seul le village de Gigondas peut revendiquer l’appellation, est élevée au rang de cru AOC depuis 1971. Il s’étends sur plus de 1230 ha exploités et possède environ 80 producteurs indépendants.
Le Grenache y règne en maître (maximum 80% autorisé) avec les Syrah, Mourvèdre (15% minimum pour ces deux cépages) et dans une moindre proportion le Cinsault (max 10%), voire parfois un peu de Clairette (max 10%). On n’y produit que des rouges (96%) et des rosés (4%). Les rendements moyens sont d’environ 28 hl/ha pour un maximum autorisé de 36 hl/ha.

Il y a pire comme lieu, non ?
D’une façon générale, les terroirs de Gigondas se composent d’argiles rouges caillouteuses sur des pentes ou vastes terrasses, le village de Gigondas étant au centre d’une part en contrebas, du plateau des garrigues où des sols sablo limoneux et calcaires se présentent en dessous du village pour s’étendre sur des sols en terrasses alluvionnaires qui s’étendent jusqu’à la rivière l’Ouvèze, et d’autre part au dessus du village, où des sols de marne et calcaires argileux en éboulis s’étendent vers les parcelles d’altitude fixées jusqu’à 400 mètres, souvent exposées Est ou Nord/Est face au mistral.

Pour la visualiser en détail, cliquer ici
D’une façon générale, les vins de Gigondas se présentent tels des vins robustes, taillés pour la garde, parfois encore rustique, mais possédant pour les meilleurs une fraîcheur qui les rends d’une superbe buvabilité à partir de 5 à 7 ans d’âge voir nécessitant plus dans les grands millésimes. Un certain nombre de producteurs utilisent depuis dix à quinze ans des élevages en barriques neuves qui mal maîtrisés ne permettent pas toujours aux qualités du cru de s’exprimer. Ils restent une minorité, beaucoup utilisant encore les vieux foudres traditionnels ou les cuves.

Une fois n’est pas coutume, au pied de Gigondas sous la pluie
Une particularité de Gigondas est que les producteurs indépendants se sont organisés, et ce depuis la création de l’AOC en 1971, pour permettre aux particuliers de goûter les vins de plus de 60 producteurs (environ 80 cuvées) avant d’éventuellement acheter, au caveau du Gigondas, ce qui m’a récemment permis d’y passer un moment et d’effectuer un tour d’horizon des millésimes 2005 et 2006 de divers producteurs, et vu le nombre, de devoir effectuer un choix arbitraire quant aux cuvées à déguster.

En arrivant par le bas du village, domaine des tourelles au premier plan
Je tiens à rappeler que mes notes succinctes ci-après sont totalement subjectives et correspondent à une dégustation un jour j. Il s’agit donc de les prendre pour ce qu’elles sont, une information supplémentaire sur les vins de cette appellation et uniquement cela. J’ajoute que je ne déguste pas tous les jours 31 échantillons, les derniers vins dégustés ayant dû j’imagine forcément en pâtir, merci donc pour votre indulgence.

Pour la visualiser en détail, ici
Dégustation au caveau du Gigondas du mardi 30 décembre 2008
(une moitié des vins le matin, l’autre l’après-midi)
Les 2006
Pierre Amadieu, Domaine Grand Romane
(Grenache majoritaire, Syrah, Mourvèdre)
Plus vieilles vignes du Domaine Amadieu. Egrappage total. Cuvaison 20 à 25 jours avec nombreux remontages. Elevage en foudre et fût de chêne (60%) pour 14 mois minimum. Issu des terroirs de La Romane et de la Machotte au Nord-Est de l’appellation.
11 €.
La robe est rubis à reflets violacés clairs sur le disque.
Un nez qui s’exprime sur les fruits noirs, la réglisse. Le boisé est correctement intégré (35% fût neuf et 25% d’un an) même si un retour fumé à l’aération se fait sentir.
La bouche est souple (trop !?), la longueur est moyenne. Assez Bien +.
Pierre Amadieu, Domaine Romane Machotte (Grenache 85%, Syrah 15%)
Ce domaine représente plus de 10% de l’appellation. Egrappage total. Macération de 20 à 25 jours. Elevage en foudre et fût de chêne (25%). Exposition Nord-Ouest en coteaux jusqu'à 400 Mètres.
9,90 €.
La robe est rubis plus clair à reflets rosés sur le contour.
Un nez d’alcool à l’eau de vie, diffus, rustique qui a l’aération retrouve des fruits noirs. La bouche est suave, les tannins sont encore présents mais c’est assez pur. Bien.
Archimbaud-Bouteiller, Château de Montmirail « Cuvée de Beauchamps »
(Grenache 75%, Syrah 15%, Mourvèdre 10%). Egrappage Partiel. Cuvaison de 20 jours avec remontages. Elevage 15 mois en cuve. Issu du terroir Beau champs au sud de l’appellation.
10 €.
La robe est rubis à légers reflets violets sur le disque.
Au nez une sensation de fruits en surmaturité et l’alcool dominent. Au second nez, l’alcool est toujours présent avec les fruits noirs qui font leur apparition.
En bouche, c’est très rond avec une bonne amplitude avec une belle longueur. Un vin rustique à boire dans les quelques années qui viennent. Bien.
Jean-Marc Autran, Domaine de Piaugier (Grenache 65%, Mourvèdre 25%, Syrah 10%). Vendange entière. Cuvaison de 28 jours. Elevage en cuve et barrique (20%) pour 18 mois.
10,90 €.
La robe est rubis à reflets rosés sur le bord.
Le premier nez est végétal et seule l’aération complète cette dominante par plus de profondeur sur les fruits noirs.
La bouche est relativement souple, fraîche avec beaucoup de ressort. Jolie finale réglissée. Bien +.
Dominique AY, Domaine Raspail-Ay (Grenache 80%, Syrah 15%, Mourvedre 6%)
égrappage total. Elevage en foudre et barrique pour 18 à 24 mois. Terroirs autour du domaine situé à l’embranchement des routes de Sablet et Gigondas.
12 €.
La robe est rubis plutôt clair à reflets rosés sur le contour.
Le nez est sur la mûre, la fraise, la framboise, c’est très gourmand et change peu à l’aération. En bouche, le vin est rond et friand avec beaucoup de fraîcheur. La finale est un peu chaude avec une longueur correcte. Bien +.

Guy Boutière, Domaine du Pesquier (Grenache 75%, Syrah 20%, Mourvèdre 5%)
Egrappage partiel et longue cuvaison. Elevage en cuve et foudre 24 mois.
11,50 €.
La robe est rubis profond à reflets violacés sur le disque.
Le nez est sur les fruits noirs, un peu alcooleux mais à l’aération les fruits noirs murs (mûre) dominent avec un côté fumé.
Dès l’attaque la bouche est ample avec des notes de fruits cuits mais sans aucune sensation de lourdeur. La finale est très longue. Un 2006 plus costaud que la moyenne. Belle découverte. Très Bien -.
Daniel Brusset, Les Hauts de Montmirail «fût neufs» (Grenache 55%, Mourvèdre 25%, Syrah 20%). Egrappage total. Cuvaison de 21 jours avec pigeage. Elevage en fûts neufs. Issu d’un terroir de 68 terrasses sous les barres rocheuses des dentelles de Montmirail.
19 €.
La robe est rubis profond à reflets violacés.
Au nez l’élevage est présent sans que ce soit désagréable. Le nez est profond sur la cerise amarena puis évolue à l’aération sur une note de vanille et de fruits noirs cuits.
En bouche, on sent une certaine sucrosité liée à l’élevage sans que cela entache l’équilibre du vin ni sa fraîcheur. Un vin à attendre, qui est moins le style de Gigondas que j’apprécie mais qui est bien fait. Bien.
Bernard Chauvet, Domaine du Grapillon d’Or (Grenache 80%, Syrah 20%)
Vendange entière. Cuvaison de 18 à 20 jours. Elevage en foudre pendant 12 mois puis quelques mois en cuve.
10,90 €.
La robe est rubis à reflets rosés sur le disque.
Joli nez de framboise, de mûre, de quetsche puis de bonbon à l’aération. Très salivant. La bouche est très ronde, gourmande, même si elle manque un peu de volume (effet millésime ?). Les tanins paraissent fondus. A boire sur sa gourmandise. Bien +.

Bernard Chauvet, Domaine du Grapillon d’Or « cuvée Excellence V V » (Grenache 60%, Syrah 40%). Vendange entière. Cuvaison de 24 jours. Elevage en cuve pendant plus d’un an.
19,60 €.
Cette cuvée n’existe que depuis le millésime 2005 dans ce domaine.
La robe est rubis à reflets rosés sur les bords.
Le nez se livre peu mais il est assez profond sur les fruits noirs. La bouche est bien plus ample que la cuvée précédente, sèveuse, sur les fruits noirs écrasés et se termine sur une belle longueur. Encore un beau vin de ce domaine. Très Bien.
Michel Faraud, Domaine du Cayron (Grenache 70%, Cinsault 15%, Syrah 14% et Mourvèdre 1%). Vendange entière. Cuvaison de 18 à 21 jours. Elevage en foudre 6 à 12 mois. Issus essentiellement des terroirs du Cayron (col) et du bois de Menge (et non pas Monge tel qu’indiqué par erreur sur la carte ci-dessus)
13,80 €
La robe est rubis à reflets violacés sur le contour.
Le nez est sur le buis (un des rares 2006 en vendange entière où des arômes végétaux étaient facilement identifiable), de caoutchouc ( ?) puis à l’aération de cassis, de sirop de grenadine.
La bouche est tannique (le plus tannique des 06 goûtés) mais présente une jolie sève et une finale de longueur correcte. A attendre un peu avec confiance. Bien +.
Gilles et Thierry Faravel, Domaine La Bouissière (Grenache 57%, Syrah 39% et Mourvèdre 4%) raisins égrappés à 88% et légèrement foulés. Elevage cuve 10%, barriques neuves à 10 vins 90%, pendant 12 mois. Issus essentiellement des terroirs Beau regard et grande boissière (et non grande bouissière tel qu’indiqué par erreur sur la carte ci-dessus).
12 €.
La robe est rubis profond à reflets violacés sur le disque.
Le premier nez est frais sur les fruits noirs mûrs puis à l’aération c’est plus profond sur des notes épicées et de réglisse. En bouche, la matière est belle, sèveuse, les tannins sont soyeux et la longueur correcte. Un vin jeune atypique du domaine qui habituellement n’égrappe pas, mais d’une belle pureté aromatique et déjà très agréable à ce stade. Une valeur sûre. Bien ++.
Jean-Baptiste Meunier, Moulin de la Gardette (Grenache 80%, Mourvèdre 10%, Cinsault 10%). Egrappage total. Elevage de 18 mois en cuve ciment dont 10% en barrique pour 12 mois.
12,50€.
La robe est rubis à reflets rosés sur le contour.
Le premier nez dégage des arômes de bonbon, de vernis, c’est assez gourmand puis à l’aération s’enrichit d’arômes floraux et de zan.
La bouche est très souple avec une sucrosité qui m’a semblé trop marquée et qui nuit à l’ensemble. Assez Bien -.
Eric et Sophie Ughetto, Domaine La Roubine (Grenache 70%, Syrah 20%, Cinsault 10%)
Vendange entière. Elevage 12 mois en demi-muids dont une partie de neufs et 12 mois en cuve béton.
10,30 €.
La robe est rubis à reflets violacés.
Se présente un joli nez sur les fruits noirs avec beaucoup de fraîcheur mentholée. Le second nez propose une touche réglissée.
En bouche on a pas mal de tannins, c’est un 06 rustique sur les fruits cuits et la finale est correcte. A attendre un peu. Bien.

Vignes au pied des dentelles
A suivre les 2005 et autres millésimes |