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Forum vin : carnets de dégustation : Les nouvelles

Actualités du vin

 · Bonne année 2009...et version 3
 · monocépage VS assemblage ?
 · Il faut tuer le Soldat "Bojo Nouvea... 

Dégustations

 · Dégustation: Echézeaux Grand Cru
 · Saint Emilion: Chateau Grand Mayne 1976
 · Ostertag Riesling Muenchberg Verticale

A découvrir...

 · Enfin un Champagne immense!
 · Aperçu de Gigondas, millésimes 05 et 06
 · Visite Domaine Lancelot-Pienne (Cramant)

Vins recommandés (ou pas !)

 · Meursault-Perrières 2004: JM Gaunoux
 · Margaux: Chateau Rauzan Gassies 1962
 · Exquis : Châteaugay Benoît Montel VV 200... 


Forum vin : carnets de dégustation : Toutes les nouvelles

  Posté par patrickessa - 06-01-2009 - 17:53 - 3 commentaires - Edit

Cedric Bouchard "Roses de Jeanne" 2004 Blanc de Blancs La Haute Lamblee

On m'a fait déguster ce Champagne à l'aveugle il y a peu et j'ai été comme scotché à mon verre par tant de classe, de pureté et de fraîcheur. Je n'avais à dire vrai jamais bu un Champagne aussi profond, complexe et raffiné alliant finesse des bulles, dosage expert, fruité complexe et tension extrême sur une longueur d'école.

roses-de-jeanne.jpg

Je dois l'avouer j'ai été subjugué par la précision inouïe de ce vin "fou" car je pensais même que cela n'existait pas. Enfin un champagne aérien, vineux et subtilement racé vinifié par un gars qui à mon avis produit cela sur un terroir hors norme - dans la côtes des Bar à Celles sur Ource- et qui "sent les blancs" comme personne.Du très grand art!

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  Posté par enzo d'aviolo - 03-01-2009 - 12:04 - 29 commentaires - Edit

Le village

 

L’appellation Gigondas dont seul le village de Gigondas peut revendiquer l’appellation, est élevée au rang de cru AOC depuis 1971. Il s’étends sur plus de 1230 ha exploités et possède environ 80 producteurs indépendants.

Le Grenache y règne en maître (maximum 80% autorisé) avec les Syrah, Mourvèdre (15% minimum pour ces deux cépages) et dans une moindre proportion le Cinsault (max 10%), voire parfois un peu de Clairette (max 10%). On n’y produit que des rouges (96%) et des rosés (4%). Les rendements moyens sont d’environ 28 hl/ha pour un maximum autorisé de 36 hl/ha.

 

Il y a pire comme lieu, non ?

 

D’une façon générale, les terroirs de Gigondas se composent d’argiles rouges caillouteuses sur des pentes ou vastes terrasses, le village de Gigondas étant au centre d’une part en contrebas, du plateau des garrigues où des sols sablo limoneux et calcaires se présentent en dessous du village pour s’étendre sur des sols en terrasses alluvionnaires qui s’étendent jusqu’à la rivière l’Ouvèze, et d’autre part au dessus du village, où des sols de marne et calcaires argileux en éboulis s’étendent vers les parcelles d’altitude fixées jusqu’à 400 mètres, souvent exposées Est ou Nord/Est face au mistral.

 

Pour la visualiser en détail, cliquer ici

 

D’une façon générale, les vins de Gigondas se présentent tels des vins robustes, taillés pour la garde, parfois encore rustique, mais possédant pour les meilleurs une fraîcheur qui les rends d’une superbe buvabilité à partir de 5 à 7 ans d’âge voir nécessitant plus dans les grands millésimes. Un certain nombre de producteurs utilisent depuis dix à quinze ans des élevages en barriques neuves qui mal maîtrisés ne permettent pas toujours aux qualités du cru de s’exprimer. Ils restent une minorité, beaucoup utilisant encore les vieux foudres traditionnels ou les cuves.

 

Une fois n’est pas coutume, au pied de Gigondas sous la pluie

 

Une particularité de Gigondas est que les producteurs indépendants se sont organisés, et ce depuis la création de l’AOC en 1971, pour permettre aux particuliers de goûter les vins de plus de 60 producteurs (environ 80 cuvées) avant d’éventuellement acheter, au caveau du Gigondas, ce qui m’a récemment permis d’y passer un moment et d’effectuer un tour d’horizon des millésimes 2005 et 2006 de divers producteurs, et vu le nombre, de devoir effectuer un choix arbitraire quant aux cuvées à déguster.

 

En arrivant par le bas du village, domaine des tourelles au premier plan

 

Je tiens à rappeler que mes notes succinctes ci-après sont totalement subjectives et correspondent à une dégustation un jour j. Il s’agit donc de les prendre pour ce qu’elles sont, une information supplémentaire sur les vins de cette appellation et uniquement cela. J’ajoute que je ne déguste pas tous les jours 31 échantillons, les derniers vins dégustés ayant dû j’imagine forcément en pâtir, merci donc pour votre indulgence.

 

Pour la visualiser en détail, ici

 

Dégustation au caveau du Gigondas du mardi 30 décembre 2008

(une moitié des vins le matin, l’autre l’après-midi)

 

Les 2006

 

 

Pierre Amadieu, Domaine Grand Romane

(Grenache majoritaire, Syrah, Mourvèdre)

Plus vieilles vignes du Domaine Amadieu. Egrappage total. Cuvaison 20 à 25 jours avec nombreux remontages. Elevage en foudre et fût de chêne (60%) pour 14 mois minimum. Issu des terroirs de La Romane et de la Machotte au Nord-Est de l’appellation.

11 €.

La robe est rubis à reflets violacés clairs sur le disque.

Un nez qui s’exprime sur les fruits noirs, la réglisse. Le boisé est correctement intégré (35% fût neuf et 25% d’un an) même si un retour fumé à l’aération se fait sentir.

La bouche est souple (trop !?), la longueur est moyenne. Assez Bien +.

 

Pierre Amadieu, Domaine Romane Machotte (Grenache 85%, Syrah 15%)

Ce domaine représente plus de 10% de l’appellation. Egrappage total. Macération de 20 à 25 jours. Elevage en foudre et fût de chêne (25%). Exposition Nord-Ouest en coteaux jusqu'à 400 Mètres.

9,90 €.

La robe est rubis plus clair à reflets rosés sur le contour.

Un nez d’alcool à l’eau de vie, diffus, rustique qui a l’aération retrouve des fruits noirs. La bouche est suave, les tannins sont encore présents mais c’est assez pur. Bien.

 

Archimbaud-Bouteiller, Château de Montmirail « Cuvée de Beauchamps »

(Grenache 75%, Syrah 15%, Mourvèdre 10%). Egrappage Partiel. Cuvaison de 20 jours avec remontages. Elevage 15 mois en cuve. Issu du terroir Beau champs au sud de l’appellation.

10 €.

La robe est rubis à légers reflets violets sur le disque.

Au nez une sensation de fruits en surmaturité et l’alcool dominent. Au second nez, l’alcool est toujours présent avec les fruits noirs qui font leur apparition.

En bouche, c’est très rond avec une bonne amplitude avec une belle longueur. Un vin rustique à boire dans les quelques années qui viennent. Bien.

 

Jean-Marc Autran, Domaine de Piaugier (Grenache 65%, Mourvèdre 25%, Syrah 10%). Vendange entière. Cuvaison de 28 jours. Elevage en cuve et barrique (20%) pour 18 mois.

10,90 €.

La robe est rubis à reflets rosés sur le bord.

Le premier nez est végétal et seule l’aération complète cette dominante par plus de profondeur sur les fruits noirs.

La bouche est relativement souple, fraîche avec beaucoup de ressort. Jolie finale réglissée. Bien +.

 

Dominique AY, Domaine Raspail-Ay (Grenache 80%, Syrah 15%, Mourvedre 6%)

égrappage total. Elevage en foudre et barrique pour 18 à 24 mois. Terroirs autour du domaine situé à l’embranchement des routes de Sablet et Gigondas.

12 €.

La robe est rubis plutôt clair à reflets rosés sur le contour.

Le nez est sur la mûre, la fraise, la framboise, c’est très gourmand et change peu à l’aération. En bouche, le vin est rond et friand avec beaucoup de fraîcheur. La finale est un peu chaude avec une longueur correcte. Bien +.

 

Guy Boutière, Domaine du Pesquier (Grenache 75%, Syrah 20%, Mourvèdre 5%)

Egrappage partiel et longue cuvaison. Elevage en cuve et foudre 24 mois.

11,50 €.

La robe est rubis profond à reflets violacés sur le disque.

Le nez est sur les fruits noirs, un peu alcooleux mais à l’aération les fruits noirs murs (mûre) dominent avec un côté fumé.

Dès l’attaque la bouche est ample avec des notes de fruits cuits mais sans aucune sensation de lourdeur. La finale est très longue. Un 2006 plus costaud que la moyenne. Belle découverte. Très Bien -.

 

Daniel Brusset, Les Hauts de Montmirail «fût neufs» (Grenache 55%, Mourvèdre 25%, Syrah 20%). Egrappage total. Cuvaison de 21 jours avec pigeage. Elevage en fûts neufs. Issu d’un terroir de 68 terrasses sous les barres rocheuses des dentelles de Montmirail.

19 €.

La robe est rubis profond à reflets violacés.

Au nez l’élevage est présent sans que ce soit désagréable. Le nez est profond sur la cerise amarena puis évolue à l’aération sur une note de vanille et de fruits noirs cuits.

En bouche, on sent une certaine sucrosité liée à l’élevage sans que cela entache l’équilibre du vin ni sa fraîcheur. Un vin à attendre, qui est moins le style de Gigondas que j’apprécie mais qui est bien fait. Bien.

 

Bernard Chauvet, Domaine du Grapillon d’Or (Grenache 80%, Syrah 20%)

Vendange entière. Cuvaison de 18 à 20 jours. Elevage en foudre pendant 12 mois puis quelques mois en cuve.

10,90 €.

La robe est rubis à reflets rosés sur le disque.

Joli nez de framboise, de mûre, de quetsche puis de bonbon à l’aération. Très salivant. La bouche est très ronde, gourmande, même si elle manque un peu de volume (effet millésime ?). Les tanins paraissent fondus. A boire sur sa gourmandise. Bien +.

 

Bernard Chauvet, Domaine du Grapillon d’Or « cuvée Excellence V V » (Grenache 60%, Syrah 40%). Vendange entière. Cuvaison de 24 jours. Elevage en cuve pendant plus d’un an.

19,60 €.

Cette cuvée n’existe que depuis le millésime 2005 dans ce domaine.

La robe est rubis à reflets rosés sur les bords.

Le nez se livre peu mais il est assez profond sur les fruits noirs. La bouche est bien plus ample que la cuvée précédente, sèveuse, sur les fruits noirs écrasés et se termine sur une belle longueur. Encore un beau vin de ce domaine. Très Bien.

 

Michel Faraud, Domaine du Cayron (Grenache 70%, Cinsault 15%, Syrah 14% et Mourvèdre 1%). Vendange entière. Cuvaison de 18 à 21 jours. Elevage en foudre 6 à 12 mois. Issus essentiellement des terroirs du Cayron (col) et du bois de Menge (et non pas Monge tel qu’indiqué par erreur sur la carte ci-dessus)

13,80 €

La robe est rubis à reflets violacés sur le contour.

Le nez est sur le buis (un des rares 2006 en vendange entière où des arômes végétaux étaient facilement identifiable), de caoutchouc ( ?) puis à l’aération de cassis, de sirop de grenadine.

La bouche est tannique (le plus tannique des 06 goûtés) mais présente une jolie sève et une finale de longueur correcte. A attendre un peu avec confiance. Bien +.

 

Gilles et Thierry Faravel, Domaine La Bouissière (Grenache 57%, Syrah 39% et Mourvèdre 4%) raisins égrappés à 88% et légèrement foulés. Elevage cuve 10%, barriques neuves à 10 vins 90%, pendant 12 mois. Issus essentiellement des terroirs Beau regard et grande boissière (et non grande bouissière tel qu’indiqué par erreur sur la carte ci-dessus).

12 €.

La robe est rubis profond à reflets violacés sur le disque.

Le premier nez est frais sur les fruits noirs mûrs puis à l’aération c’est plus profond sur des notes épicées et de réglisse. En bouche, la matière est belle, sèveuse, les tannins sont soyeux et la longueur correcte. Un vin jeune atypique du domaine qui habituellement n’égrappe pas, mais d’une belle pureté aromatique et déjà très agréable à ce stade. Une valeur sûre. Bien ++.

 

Jean-Baptiste Meunier, Moulin de la Gardette (Grenache 80%, Mourvèdre 10%, Cinsault 10%). Egrappage total. Elevage de 18 mois en cuve ciment dont 10% en barrique pour 12 mois.

12,50€.

La robe est rubis à reflets rosés sur le contour.

Le premier nez dégage des arômes de bonbon, de vernis, c’est assez gourmand puis à l’aération s’enrichit d’arômes floraux et de zan.

La bouche est très souple avec une sucrosité qui m’a semblé trop marquée et qui nuit à l’ensemble. Assez Bien -.

 

Eric et Sophie Ughetto, Domaine La Roubine (Grenache 70%, Syrah 20%, Cinsault 10%)

Vendange entière. Elevage 12 mois en demi-muids dont une partie de neufs et 12 mois en cuve béton.

10,30 €.

La robe est rubis à reflets violacés.

Se présente un joli nez sur les fruits noirs avec beaucoup de fraîcheur mentholée.  Le second nez propose une touche réglissée.

En bouche on a pas mal de tannins, c’est un 06 rustique sur les fruits cuits et la finale est correcte. A attendre un peu. Bien.

 

Vignes au pied des dentelles

 

A suivre les 2005 et autres millésimes

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  Posté par morea - 30-12-2008 - 18:06 - 26 commentaires - Edit

Entrée de la maison des Lancelot-Perceval (le nom de jeune fille de Mme) située 1, place Pierre Rivière à Cramant (51530)

 

quelques photos de Cramant et de ses environs prises en fin de matinée, le 30 décembre 2008.

Le village de Cramant

Un porte-greffe de Chardonnay (j'imagine!) sur les hauteurs de Cramant

 

Le panorama qui apparait depuis la maison des Lancelot en direction d'Avize. C'est sur ces coteaux que se trouvent quelques unes des plus belles parcelles de Cramant.

 

Présentation du domaine

C'est par un beau soleil d'hiver que ce Mardi matin, je descendais 200 kms au Sud pour visiter un domaine, situé dans la Côte des Blancs (Cramant, classé Grand Cru 100%), dont je n'avais, jusqu'alors, jamais goûté les Champagnes (je suis a priori peu fan des blancs de blancs et reconnais une préférence pour les pinots noirs de la Montagne de Reims et plus encore pour ceux du côté d'Aÿ). Plus fort , jusqu'à ce que MB lui adresse un titre nobiliaire (je n'ai pas osé écrire "de chevalerie"  ) en le qualifiant de "notre plus belle découverte de l'année en Champagne" dans son guide 2008, c'est même un domaine dont j'ignorais jusqu'à l'existence...

C'est donc pour moi une découverte totale, d'un vigneron (Gilles Lancelot), d'un domaine et même d'un cru, puisque jusqu'ici ma connaissance de la Côte des Blancs se limitait à Avize (De Sousa, Selosse) et Le Mesnil sur Oger (Charlemagne).

Le domaine se répartit sur 7,5 ha: 3 en Chardonnay (sur les communes de Cramant, d'Avize et de Chouilly), 3 en Meunier et 1,5 en pinot noir (les pinots sont plantés en Vallée de la Marne à Boursault et à l'Ouest de la Côte des Blancs à Moncy et Monthelon) . Gilles Lancelot m'explique que Cramant est connu pour faire des vins particulièrement minéraux et tendus, ce qui n'est pas pour me déplaire .  Il emploie les expressions "goût de silex", "craie mouillée", il faut dire qu'elle affleure quasiment à la surface sous à peine 10 centimètres de terre végétale.  

Il me précise encore que l'âge moyen des vignes est proche de 40 ans ce qui me semble plutôt élevé en Champagne (?) et il faudra peu de temps pour que je comprenne son aversion à l'égard de l'agriculture biologique/biodynamique. Il lui préfére une lutte raisonnée que j'imagine plus réaliste et sécurisante dans un vignoble aussi septentrionnal. De la même manière, il privilégie les levures exogènes aux indigènes pour assurer un meilleur contrôle des fermentations. Enfin, il me dit que le cru Cramant révéle son meilleur quand les raisins sont récoltés entre 9,5 et 10 degrés potentiels et qu'au delà comme en 2003, les vins perdent de la fraîcheur, de la minéralité et de la finesse. Je sais bien que ce qui précède (levures exogènes, refus du bio, évidemment chaptalisation) risque de provoquer quelques levées de bouclier       (Lancelot ! Perceval !!)  mais le moins que l'on puisse dire c'est, d'une part que ses choix sont parfaitement assumés et, d'autre part que l'exercice de la dégustation plaide en faveur d'une vision du Champagne de qualité que je ne me sens ni le droit ni la compétence de contester.

Sa gamme se compose d'une cuvée tradition bénéficiant de 3 ans de vieillissement sur lattes (le minimum légal est de 15 mois pour un BSA!), d'une cuvée Sélection (5 ans sur lattes), un rosé (cuvée Pétale de Rose), un Blanc de Blancs (pur Chardonnay, 3 ans sur lattes), une cuvée de la Table Ronde (assemblage des 3 cépages sur 3 millésimes, 2000, 2002, 2003), une cuvée Marie Lancelot (Grand Cru Cramant en Blanc de Blancs, millésimé 2004) et enfin une cuvée Perceval (Assemblage de Pinot Noir et GC Blanc de Blancs, actuellement sur le millésime 2004).

Enfin, je précise que le domaine vend toute sa production aux particuliers et professionnels (cavistes, restaurateurs,...) et refuse de vendre ou des raisins ou du vin sur lattes aux grandes maisons Champenoises. Remarquez, j'ai nettement le sentiment que Gilles et son épouse rencontrent peu de soucis au niveau de la commercialisation...Manquerait plus qu'ça vu la qualité de ce qu'ils proposent!  

La dégustation   

Enfin, vient le temps de tremper mes lèvres dans les breuvages, mais avant de nous attaquer aux vins commercialisés, Gilles Lancelot me propose de goûter les 2008 sur cuve en cours de malolactique, exercice auquel je suis peu habitué mais auquel je me plie avec le plus grand plaisir  (je m'excuse d'avance pour les commentaires sommaires et sans doute imprécis):

Chardonnay 2008: au nez, on perçoit malgré la malo un beau floral et surtout en bouche une grande acidité (autour de 6,5g/l, plus forte que pour les 2 vins qui suivent) mais un superbe volume.

Pinot Noir 2008: plus fruité, étonnament marqué par le cassis, là encore on sent une vraie matière en bouche.

Pinot Meunier 2008: j'y trouve du citron quasi-confit, des fruits secs, plus de rondeur que les vins précédents mais moins de structure acide (5 g/l et je vous assure qu'on sent la différence) et de longueur.

Maintenant, les vins en bouteille commentés dans l'ordre de dégustation:

Blanc de Blancs (c'est en réalité un pur 2006): La robe est déjà bien dorée avec des reflets verts. Le nez est nettement sur le citron, le pamplemousse mais aussi sur des notes crayeuses. Très belle bouche ample, volumineuse, avec une belle fraîcheur et d'une grande longueur. Superbe vin d'un grand naturel, sans maquillage, très peu dosé (7g/l, alors qu'un brut peut avoir jusqu'à 15g/l). D'entrée de jeu, c'est un Coup de Foudre  

Cuvée de la Table Ronde (majorité de 2002 avec un complément de 2000 et 2003): La robe est encore plus jaune.  Le nez est plus complexe, avec des parfums moins primaires, la brioche, les fruits secs (particulièrement la poire et la pomme séchée), j'y perçois aussi quelques notes fumées (au passage, il n'y a pour le moment aucun fût chez Lancelot-Pienne). En bouche, toujours une belle structure acide mais davantage enveloppée par le gras, moins d'effervescence. Très bien+.

cuvée Tradition: c'est une cuvée composée à 50% de Meunier, 40% de Chardonnay et 10% de Pinot Noir. Gentillement, Gilles Perceval me le fait goûter alors que, je pense, il ne l'avait pas prévu, si bien que le vin souffre de passer après les 2 autres. C'est clairement une cuvée marquée par les Pinot, avec pas mal de fruité rouge et aussi une vraie présence en bouche mais plus en largeur qu'en longueur. Bien.

 

Et bien, au terme de la visite, plusieurs conclusions s'imposent:

1) En dehors de la cuvée Tradition qui est sur un style "apéritif", nous avons là affaire à de vrais vins, aromatiques, à la fois d' une grande pureté et dotée d'une véritable matière, d'une personnalité, et je n'ai pas goûté les 2 cuvées les plus chères!

2) Alors que la qualité est de premier ordre, pour ne rien gâter, les prix sont ridiculement bas pour la Champagne en général et la Côte des Blancs en particulier. Voyez un peu: la Tradition à 12,90€, la Sélection 13,90€, Pétale de Rose à 15,90€, Blanc de Blancs (Mon coup de foudre!) à 14,20€    , Table Ronde à 16,20€, Marie Lancelot à 24,50€, Perceval à 23,50€.

3) A mon humble avis, on ne fait que commencer à en parler. Gilles et son épouse sont encore bien jeunes (une trentaine d'années) et ce sont des passionnés qui n'ont pas envie d'en rester là....Je ne comparerais pas avec Selosse qui pour moi est incomparable en qualité et en prix mais par rapport à De Sousa (Avize, c'est le village d'à côté), je trouve plus de personnalité dans les vins de Lancelot-Pienne...pour nettement moins cher! 

4) En plus, et ça n'est pas rien, Les Lancelot-Perceval se font une joie de recevoir les amateurs et de transmettre leur passion. Un grand merci à eux pour le temps et l'attention qu'ils m'ont consacrés ainsi que pour avoir ouvert 3 bouteilles alors que j'étais seul !

Stéphane

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  Posté par Pére Nico - 30-12-2008 - 16:39 - 21 commentaires - Edit

ECHEZEAUX Grand Cru

 

 

Le 20 décembre 2008 au Mas de Saporta

 

 

Situé au dessus du village de Flagey-Echezeaux ce grand cru est pris en tenaille entre deux combes, la combe d’Orveaux au Nord qui marque la limite vers le Musigny et la combe aux brûlées au Sud où débutent les Richebourgs. A flanc de colline, le cru offre une pente très douce (11 à 13 %) principalement exposé au levant. Le pied de côte se prolonge à l’est vers le Grand-Echezeaux puis le Clos Vougeot. Grand-Echezeaux et Echézeaux sont liés par un même décret d’appellation (AOC grand cru le 31 juillet 1937), mais si le Grand-Echezeaux est d’un seul tenant, l’Echézeaux est divisé en 11 lieux dits :

 

·        En Orveaux (en partie) : 5.04 ha ; le plus au Nord et le plus froid, au vu de son exposition. Il prolonge la combe d’Orveaux. Sol argilo-limoneux

·        Les Champs-Traversins : 3.58 ha ; à flanc de coteaux, son sol est peu profond, sablonneux limoneux avec des cailloutis en surface. On l’appelle aussi « le petit Cîteaux »

·        Les Poulaillères : 5.21 ha ; Au cœur du cru, le domaine de la Romanée Conti en possède la quasi-totalité. Sol complexe, marno-calcaire et argileux avec colluvions dans le bas du climat.

·        Les Rouges du Bas : 3.99 ha ; dans la pente, sol variable composé de cailloutis et limons, le point le plus haut de l’Echézeaux est sur ce lieu dit.

·        Echézeaux du dessus : 3,55 ha ; il constitue le cœur de l’appellation. C’est la partie historique du cru. Il bénéficie d’un sol plus crayeux et profond.

·        Les Beaux Monts bas : 1.25 ha ; voisin des « Rouges du Bas », seule une petite partie est classée dans le cru.

·        Les Loächausses : 2.48 ha ; ancien monopole du domaine Gros frères et Sœur. Sol brun et caillouteux.

·        Les Treux : 4.89 ha ; limitrophe avec les « Grands Echézeaux » il est trop peu réputé. Sol brun calcaire.

·        Les Quartiers de Nuit (en partie) : 1.12 ha ; à l’extrême Est du cru, bordé par le Clos Vougeot. L’autre partie du climat est en communale.

·        Les Cruots ou Vignes Blanches : 3.28 ha ; le lieu dit le plus au Sud, il jouxte les « Suchots ».

·        Le Clos Saint Denis : 1.80 ha ; comme le lieu dit « Les Cruots ou Vignes Blanches », il marque la limite Sud du cru, bordant les « Suchots »

 

Sur une superficie totale de 36.25 ha en production, on trouve donc une mosaïque complexe de sols, passant par des marnes bajocienne (jurassique), des limons sablonneux, des veines argileuses, par endroit crayeuses, le tout sur un terre brune avec calcaires et cailloutis du comblanchien (jurassique). Le cru se situe à une altitude comprise entre 260 et 300 mètres.

 

Cette diversité de sols, sa taille, son extension lors de son classement, n’ont pas contribué à glorifier ce grand cru à la réputation mitigée. Parmi les quelques 80 propriétaires qui se le partagent, un petit échantillonnage avait été réuni ce jour pour constituer le thème de cette dégustation.

 

Condition : Dégustation à 11h00. Tous les vins ont été carafé 1h30 environ et servis en carafe à l’aveugle (ordre pré-établi). Liste des vins connus. Temps frais et ensoleillé. Température de service entre 16 et 17°.

 

 

 

 

   MAISON JOSEPH DROUHIN Echézeaux Grand Cru 2003   16.5/20

Cette grande maison de négoce Beaunoise, possède quelques vignes en propriété propre, dont celles situées sur l’Echézeaux. L’âge moyen des vignes est d’environ 25 ans. La vinification est traditionnelle : cuvaison lente et longue (jusqu’à 20 jours) avec pigeage régulier. L’élevage se veut doux également.

On retrouve tous les soins apportés à ce cru dans ce 2003 à la robe rubis cerise, brillante et intense. Le nez décline une belle variété de fruits rouges mûrs, avec de la cerise, de la fraise, des notes florales et finement chocolatées. A l’évolution, j’y décèle également d’intenses aromes de grenadine, presque aguicheurs. La bouche est droite et pure. Les tanins sont fins, souples et délicatement ciselés par une tendre acidité. Belle expression de fruit, qui se prolonge dans une longue finale harmonieuse et complexe. Petite chaleur en toute fin de bouche, qui vient certainement trahir le millésime. Superbe ! On en boirai à la régalade !

 

   DOMAINE DUJAC Echézeaux Grand Cru 1997   14.5/20

Jacques Seysses, secondé aujourd’hui par son fils Jeremy, dirige ce domaine de Morey Saint Denis depuis 1967. Il possède des vignes sur 5 grands crus dont l’Echézeaux avec un peu plus de 68 ares sur « Les Champs Traversins ». La vinification se fait en vendange non égrappée et l’élevage avec peu ou pas de bois neuf. Le domaine est en agriculture biologique.

La robe se présente très évoluée, avec un disque trouble et orangé. Le nez est nettement marqué par le tertiaire, avec des aromes de tabac froid, de fumée de cigare, de futaille et d’infusion. La bouche suit le même registre : Évolution marquée, tanins très enveloppés et texture souple et lisse. L’ensemble conserve encore un peu de tenue grâce a une belle acidité enrobée. Mais l’équilibre reste fragile et le vin semble faiblir dans une finale moyennement longue. A la découverte de la bouteille, il nous a paru un peu trop fatigué pour son age. Nous avons pensé à une évolution prématurée de cette bouteille.

 

   DOMAINE CONFURON-COTETIDOT Echézeaux Grand Cru 2004   16/20

Le domaine Confuron-Cotetidot est dirigé par les deux fils de Jack, Jean Pierre et Yves, depuis 1999. Initié dans un style austère, rustique et bâtit pour la garde, les fils Confuron ont légèrement infléchis le style des vins pour leurs apporter plus de grâce et de délicatesse. Les préceptes paternels restent tout de même la référence : Conduite rigoureuse de la vigne, vendanges entières, longue cuvaison et élevage soigné. Sur L’Echézeaux, leurs vignes sont situées sur le lieu dit « les Treux », à l’intersection du Grand Echézeaux et du Clos de Vougeot.

Robe rubis cerise soutenu. Belle couleur et belle brillance. Le 1er nez est assez « vert », par ses notes herbacées et épicées. Malgré le carafage, il faut laisser le vin s’ouvrir doucement dans le verre pour découvrir des arômes grillés, un peu viandés, puis de fruits noirs discrets et de terre mouillée. Évolution sur le moka et le chocolat. L’attaque, franche et ample, développe une bouche assez puissante avec des tanins au grain épais et ferme. La matière est peu aromatique et joue la carte de l’austérité. La finale, fraîche et de bonne longueur, se marque d’un peu d’amertume. Tous les éléments sont là, mais il faudra être patient pour en apprécier toute l’harmonie.

 

   MAISON NICOLAS POTEL Echézeaux Grand Cru 2000   17/20

La société Nicolas Potel ouvre ses portes en 1997 après la vente du domaine de la Pousse d'Or à Volnay. Débute alors une activité de négoce basé à Nuit Saint Georges, prés de la gare SNCF où ses entrepôts sont loués à la société. L’activité s’approvisionne uniquement en achat de raisin et vinifie et élève les vins. L’Echézeaux est un assemblage de plusieurs parcelles. Vinification en vendange entière.

La robe commence à présenter des reflets tuilés sur un grenat léger. Le 1er nez s'ouvre sur des notes pharmaceutiques assez déroutantes. Puis le bouquet se développe sur des notes mentholées, de léger torréfié, de griotte, des aromes de fleurs, pétales de rose et jasmin. Très belle complexité. L'attaque est ronde et ample. Le vin présente une matière assez fine et équilibrée par des tanins soyeux et bien intégrés. On y retrouve des notes d’eucalyptus. Bonne finale, assez longue mais moins aromatique que le nez, simplement soutenue par des notes grillées. En fin de bouche, le tanin se fait plus ferme. Très beau vin (et belle surprise) qui semble atteindre doucement son apogée.

 

   DOMAINE ANNE-FRANCOISE GROS Echézeaux Grand Cru 2000   18.5/20

Ce domaine de Pommard est crée en 1988 par Anne Françoise Gros suite à l’acquisition de parcelles appartenant à ses parents. Les domaines Anne Gros et Gros frère et sœur ont la même origine familiale. L’Echézeaux provient du lieu dit « Les Champs-Traversins » et couvre 26 ares. Sur cette parcelle, la vigne atteint 60 ans.  La vendange est égrappée à 100%, macération en cuve de 10 à 14 jours avec pigeage régulier et élevage en fût en neuf.

Robe rubis brilla